Alex constate dans son commentaire mon non allant stylistique du dernier message. Deux choses l’expliquent. La turista, et mon triste constat que mon vocabulaire restreint ne pourra traduire un voyage. Je vais cependant, et cela pour mon dernier message certainement, tenter de décrire ce Maroc que je connais bien avec une analyse Cédrikienne, dont les effets sur le courant philisofik arrageois, et sur les courant littéraires mondiaux seront rapidement fondamentaux. Alors commençons ! Mais par quoi ? Parlons des sens. L’ouie…Les Marocains ne parle pas si fort que ça, pas plus que nous, sauf dans les nombreux souks, ou là les citoyens s’époumonent à crier plus fort que son voisin. Ils ne parlent pas plus fort mais crient plus souvent, haussent la voix fréquemment. Là ou en France, on dira rapidement, ‘baisse le ton’, il est ici important de le hausser, de faire part de son mécontentement, de sa surprise de son émerveillement. Pour le mécontentement, il est à souligner que les voix ont beau être fortes, et les visages proches, il y a toujours un respect, on ne le bousculera pas, on ne franchira pas la limite de la violence. Il est normal d’être en désaccord, d’avoir des opinions différentes, ils le savent et défendent leur beurre. La dispute n’est pas personnelle en quelque sorte. Les Klaxons font partie du quotidien, ils servent surtout d’avertissement lors d’un dépassement, car très peu de voitures ont un rétroviseur .Pourtant les obstacles sont nombreux (Ânes, poules, vaches, autruches, mobylettes, calèches, européens, fous, ou autre comateux éthyliques). Tout ce concerto bercé, par le muezzin 5 fois par jour, qui donne aux paysages une étrange sensation de mystique. La première à 4 heures du matin réveille parfois si l’on se trouve près d’un minaret.
L’odeur… L’odorat vit une expérience bouleversante au Maroc, entre un large bouquet d’odeurs nauséabondes et une palette subtiles de fleurs et d’épices .Pour les mauvaises, commençons par l’odeur de la pisse assez fréquemment rencontrée dans les villes, et surtout dans les médinas. … Odeur nauséabonde celle des voitures, bus, et mobylettes, qui crasse le Maroc d’une affreuse fumée noire polluante, tuante et intoxicante.
A safi, on sait dès le matin, à l’odeur de la fumée des sardines grillées qui se cuisine partout dans la ville si ce fut un bon jour pour la pèche.
Les bonnes odeurs sont également partout : Celles des épices : Safran (plus cher que l’or), Ambre, Musc, Roses, vanille, l’argan, gingembre, cardamome, genièvre, étoile d’anis, la menthe bien sur, les mélanges préparés de 35 épices pour les tajines. Différent mélange selon le tajine (tajine viande, poisson, poulet citron….) Si vous passez une demi heure chez un marchand d’épice, vous découvrirez que notre nez à bien plus de sens qu’il n’y parait. Il n’est pas que là pour couler et se moucher. Je me remémore mon premier séjour au Maroc, dans une vallée justement nommée celle des roses, ou un habitant lors d’une belle promenade, me fit sentir l’une d’elle, et ou j’eu l’impression immédiate de redécouvrir un sens à mes sens.
Le toucher… Les Marocains sont très tactiles. Les amis masculins se tiennent souvent par la main ou par les épaules. Non le Maroc n’est pas le paradis des Gays, juste une approche plus tactile des amitiés.
La vue…La vue est un peu contrariée lors des promenades fortuites dans des souks des villages de montagnes. Des têtes d’amis mammifères quadripèdes trônent fièrement sur les étals, des bovins, comme d’autres lapins, ou poules en attente du jugement dernier .Y verront t’elles Saint Pierre ou Mahomet, Dieu seul le sait. Ajoutez y l’odeur, et cela peut remuer un peu l’estomac, et contrarier votre appétit.
Selon notre perception Européenne de l’hygiène, le Maroc comme certainement toute l’Afrique( et l’Inde) parait douteuse. Nourriture, WC, étals de boucherie, vêtement inlassablement les même et tachés…Mais bon, on s’y habitue, même notre estomac, s’y accoutume. Mais on est content de connaître la date du retour en France cependant, pour l’intimité des toilettes, l’eau chaude des douches, et l’eau transparente des robinets….
On mange avec les mains dans un même plat, a cela on s’y fait assez vite, on apprécie même. Pas tout a fait avec les mains en faite, on mange avec du pain. Du pain dans la main et on fait comme si on nettoyer le plat. Mais avec tout le plat. Parfois voyant notre difficulté a décortiquer la cuisse de poulet a une seule main, des Marocains le font pour nous, et nous le proposent…nous le prenons feignant l’appétit et espérant que les mains avaient été préalablement nettoyés. Ceci dit, les Marocains se lavent très souvent les mains avant manger. Les douches sont, elles, assez sommaires, dans l’atlas on avait un énorme seau, et dans les villes, un petit filet d’eau s’écoule du plafond pour s’échouer au fond de la toilette turc. Ce qui fait que vous preniez les douches au dessus des toilettes. Pas trop d’insectes au Maroc, pourtant Tanguy et Rachel avaient un arsenal prêt à la bataille microscopique : Boules, bracelets, pommades…Pas trop de piqûres. Petite frayeur quand dans notre centre, mes pieds et ceux de Rachel chaussés tous 2 de Tong frôlèrent un scorpion gros et noir. Le boss toujours là quand il faut arriva et le tua. Le concierge nous disait que c’était le premier qu’il avait vu depuis 9 ans ici…Le scorpion gros et noir, garantit parait t’il la direction des urgences…
Retournons au sens de la vue.
La vue est sollicitée sans cesse par le contraste des paysages, des couleurs, et des visages.
Commençons par ce dernier, les visages sont ici emplis d’une multitude de facette : Rieurs, pleureurs, travailleurs, rêveur, mélancolique. Les visages semblent avoir été façonné par les tailleurs d’émotions. De la mini jupe pour la femme d’Essaouira, à celle voilée de la tête au pieds portant les fagots de foin dans des zones rurales, la femme Marocaine est elle aussi, un grand mystère. Entre socle familial traditionnel, poids de la religion, et envie de se libérer du joug du passé. Dans certaines grandes villes comme Casablanca, Essaouira la libération est en cours. Mais pour Safi par exemple, ville industrielle de 300 000 habitants, 90% des femmes ont encore le voile….Les enfants eux sont dans la rue, travaille dans des restaurants en disant qu’ils ont 16ans. (Ils en ont 8 !) . Ils vendent des cigarettes à l’unité, des paquets de mouchoirs, ils cirent vos chaussures, ils mendient ‘dirham, stylo, bonbon’, enfin ils sont partout, mais pas a l’école.
Les paysages émerveillent. L’atlas ou les cimes enneigés des 4000m côtoient des vallées verdoyantes, et plus au sud le Désert longe l’océan. Comment oublier cet émerveillement continu sur ce toit du land rover, en s’enfonçant dans le cœur de l’atlas, a l’heure du coucher de soleil.
Le voyage dans un pays en voie de développement c’est aussi un voyage dans le temps. Les charrettes, les mules, les enfants qui jouent aux mêmes jeux que nos parents autrefois, ou qu’on joue encore dans certains coins de la France très isolé comme Chaumont ou saint Hilaire cot.
En parlant de sens, nommons l’accueil comme leur 6eme. En effet, il suffit de 5 minutes pour que les gens vous invite à manger chez eux, et surtout vous accorde une totale confiance. Je pourrai citer des milliers d’exemples, je citerai celui du concierge du centre. Je ne lui avais jamais parlé, car il ne parlait pas Français. Il allait manger ses sardines lorsqu’il me voit passé. Il m’interpelle, et me donne ses sardines pour partager avec mes amis. Ca le rendait tellement heureux qu’on sait qu’il ne faut pas refuser.
Les Marocains sont fiers de leur pays, de leurs traditions, et de leur manière de vivre. Ils sont fiers de partager cette identité commune et cela les unient. Il y a beaucoup de respect entre les gens, amis ou connaissances croisés dans la rue. Un respect, une estime de l’autre qui se voit tout de suite dans leur regard lorsqu’ils vous saluent.
Les Marocains ont un proverbe qui provoquerait une mort collective commune en Europe :’Un homme pressé est déjà mort’. Ainsi ils demandent derrière quoi les européens courent. Ici, ‘perdre son temps n’existe pas’, le temps n’est pas de l’argent’. Ici, à l’heure du coucher du soleil, toute la ville de Safi semble se donner quotidiennement rendez vous sur la jetée pour contempler le coucher du soleil. Un spectacle qu’ils attendent parfois plusieurs heures patiemment. Leur capacité à s’émerveiller m’émeut. L’hégémonique victoire du thé a la menthe sur la café le symbolise. C’est aussi un frein incontestable à leur développement.
Pour la politique étrangère, ils détestent bien évidemment celle de G. Bush, et n’aiment pas notre nouveau président. L’ancien s’y cache dans une maison à Tafraoute. L’Islam est là bas pacifique. Les attentats qui ont frappés Casablanca, ces dernières années, sont issus d’enfants de bidonvilles. Et oui, il faut lutter contre le terrorisme, et contre ses causes.
Je ne veux pas dresser un tableau idyllique du Maroc, car la pauvreté, la saleté, le chômage, l’alcoolisme y règne de manière bien plus frappante et choquante que chez nous. Mais C’est un pays inépuisable de contrastes, de surprises, d’inattendus, et un tout plein d’émotion qui remet en cause nos fondamentaux, et pose des interrogations sur notre propre culture, et identité. Ainsi est le voyage…n’est ce pas grand frère ?
Voila, je reviens bientôt, j’espère que vous me laisserez plein de messages !! Allez un effort ! Pour ceux qui n’ont pas eu le temps de lire ce trop long mail, car trop ‘busy’ je leur dirai ‘un homme pressé est un homme déjà mort’…
mercredi 8 août 2007
dimanche 5 août 2007
Le lendemain, nous sommes allés à Moulay, village proche de Essaouira, où se réunit une communauté de Windsurfer. Il y avait en effet davantage de windsurfer que d'habitants. C'est fou de voir comment les Marocains se sont adaptés au tourisme. Même dans ce village isolé, chaque habitant parlait a la fois, l'Arabe, le Francais, l'Anglais, l'Espagnol et parfois meme l'Allemand, voire le Néerlandais. Nous retournames à Essouira en auto stop, avec un des rares conducteurs a ne pas nous avoir 'vendu' le coup de main. Oui, tout se négocie..Le jour suivant nous fimes un tour a un autre petit village a quelques 6 kms dEssaouira,promenade au bord de l'ocean qui devint vite une marche périlleuse, entre marée haute et un vent qui deplaca les dunes vers nos visages ensablés. Ce village 'Diabate' est connu pour avoir été le lieu d'un rassemblement hippie dans les années 70, ainsi qu'un lieu de villégiature de Mr Hendrix. Chaque matin, nous commencames la journée par ce qui était le meilleur moment de la journée. C'est à dire prendre le petit déjeuner chez Driss. Driss est un lieu recommandé par l'incontournable guide du routard, un endroit où l'on fait les petits déjeuners depuis 1928. Ainsi nous nous gavames chaque matin de jus d'orange, pain beurre et confiture, croissant, et autres crèpes au chocolat..Le midi était plus approprié pour le marché au poisson, lieu vivant et bruyant, ou nous essayames une fois de plus, les sardines grillées. Ce fut ensuite la journée de la séparation, Tanguy et Rachel ont pris la direction d'Imessouane, et moi je suis retourné a Safi. Imessouanne, est parait t'il un petit village bordant l'atlantique, entre Essaouira et Agadir. Je suis ainsi aujourd'hui dans un hotel de Safi, entre visites et temps libre que j'explite en avancant mon rapport de stage. A bientot.
samedi 4 août 2007
Quelques jours aprés la poterie, nous essayames la peinture sur céramique. Exercice difficile qui exige là aussi, minutie, précision, et fluidité. Une fois nos travaux réalisés mais pas exposés (par souci d'esthétique) , nous passames quelques heures dans le quartier des potiers, formidable caverne d'alibaba de l'artisanat et du savoir faire. Les jours suivants nous découvrimes les côtes océaniques proche de Safi. (Walidia, Lalla fatna, et cap beddouzza). Non seulement content de redécouvrir les joies de plonger dans la houle de l'atlantique, nous retournâmes assez bronzés pour nous fondre à la population autochtone. Nous partimes ensuite (Rachel, Tanguy et moi), vers la désormais célèbre et touristique ville d'Essaouira. Arrivée la bàs, nous retouvames quelques unes des douces joies du monde occidental : la présence du quotidien engagé 'l'équipe', le choix possible entre l'incontournable Tajine et le plus surprenant 'hamburger', sans omettre la présence importante des mini jupes... malgré ces nouvelles tentations, j'ai pris le temps pour revoir certaines personnes que j'avais auparavant croisé lors de mes précédents séjours à Essouirra. Les commercants de babouches et d'épices : Abdou, Rhalid, et Nizar. Mais la première mission était de trouver un hébergement. . Sans prétendre les égaler dans l'art de la négociation, tanguy et moi sommes devenus des bons élèves. Ainsi nous trouvames, un appartement assez grand pour héberger 8 personnes, avec terrasse vue sur l'océan, et a 2 pas de la place centrale, pour un prix de 7 euros par personne et par nuit. Aprés quelques siestes bercé par l'océan et les cris stridents des mouettes, nous fimes une rencontre 'made in maroc'. Made in Maroc? Je vous résume rapidement. 1) passage devant un magasin, 2) on s'assoit pour prendre le thé avec le vendeur, 3) 5 minutes aprés, étant donné notre sympathie universelle et notre age similaire, notre sympa vendeur nous propose de manger le soir même chez lui. Quelques heures après , nous parcourumes le marché d'Essaouirra, à la recherche de la poule qui se ferait égorger sous nos yeux. La tuerie industrielle, n'est peut etre pas moins cruelle, mais elle a au moins le mérite de nous faire oublier les conséquences de notre hégémonie alimentaire. Une fois la poule égorgée, et nos innocences a jamais ensanglantées, nous passames la soirée dans une ambiance reggae, ragga, rasta, chez notre hôte Aziz. Son colocataire, un rasta inoubliable, dont les good vibes furent contagieuses. 'A real moment of happyness, mon frère 'aurait t'il surement écrit pour conter la soirée. Les photos et la suite de notre voyage a Essouira : Demain, j'ai plus de dirhams!
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